Yep,

Un petit peu de musique Japonaise pour illustrer cet article!

Texte issue du télégramme Merci Marc!

Ou bien ils sont fous. Ou bien ils sont passionnés. Le «rockfishing», ou pêche de rochers, tout droit débarqué du Japon, fait fureur sur les côtes. Principales victimes: d'innocents gobies.

      

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           Lesconil, mi-avril. Au bout du port, derrière la criée devenue tristement muette, des rochers. Des flaques salées laissées par la marée. Et autour, de drôles de prédateurs. Trois esthètes du poignet. Canne en main, lunettes qui, paraît-il, polarisent. L'oeil aux aguets. Des leurres qui dansent entre deux algues. Et toujours à peu près la même victime. Forcément innocente, qui n'a jamais rien demandé que de manger à sa faim. Le gobie, qui perd toujours à la fin. Le gobie, être frêle fait d'écailles et d'une ventouse ventrale. 15cm, peut-être, pour les géants de l'espèce. Et des yeux de merlan grand ouverts de surprise au-dessus de l'océan, une fois leurrés par de grands enfants. «Rockfishing», nom qui sonne drôlement pour une pêche en plein développement. «Au Japon, c'est un carton», explique Yann Jouet, Bigouden de Plomeur parti vendre des leurres jusque dans la cité du Ponant, mais qui quitte Brest dès qu'il a un instant pour venir taquiner l'éperlan des bords de ports, dans l'affaire cousin de galère du gobie.

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Tête à tête étrange

«Rockfishing», ou art délicat de traquer des poissons jusque-là ignorés. Face au noble bar, que vaut le laborieux gobie? Rangé, outre l'éperlan, avec quelques vieilles ou chabots, petites bêtes affreuses aux joues de piquants. «En fait c'est très technique, poursuit Yann Jouet, qui n'hésite pas à se photographier régulièrement avec ses victimes. Il faut venir jouer avec le leurre devant le poisson, il faut être précis et vif pour l'attraper, parce que le poisson l'est aussi». Des heures durant, oeil vert dans la grande bleue, le «rockfisher» est donc un prédateur. Fait danser ses leurres dans le courant. Provoque, titille, agace le poisson jusqu'à ce qu'il morde à l'hameçon. «Le gobie se cache sous les petits rochers, dans les flaques laissées par la marée. Souvent, il reste au même endroit, donc on sait à peu près où il est. Le but, c'est juste de l'attraper, c'est entre lui et nous». Tête à tête étrange mais jamais mortel. «On fait du ?no kill ?, on rejette tout ce qu'on pêche. De toute façon j'aime pas le poisson». Pauvre gobie traqué par un maniaque qui ne s'offre même pas le plaisir de goûter à la chair qu'il a pêché. Reste que le «rockfishing», au même titre que le «streetfishing», version citadine du bouchon, est une version très «in» de la pêche à la ligne. Et qu'en parallèle s'est développé un véritable merchandising. Cannes, leurres, un véritable marché s'est ouvert pour suivre la mode venue du Japon. Et ils sont de plus en plus nombreux à venir perturber la tranquillité des petits habitants des rochers. Bête traquée, ainsi va désormais la vie du Gobie, maudissant sûrement depuis son abri le soleil levant qui eut voulu en faire un sushi.

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@°+ BooT